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Cette scène se situe après les jeux dans les arènes de la baie. Les jeux devaient reunir orques et humains et commencer une période pacifique. Il en fut décidé autrement... Les orques n'avaient nulle intention de paix : manipulés par Barbazain, ils ne cherchaient qu'à penetrer dans la baie. Le manège fut dejoué et le pire évité, mais la situation ne trouva sa solution que dans le sang...

Synal au petit matin

Les premiers rayons de lumière dorée du matin commençaient à percer de tous cotés dans la forêt de Synal, illuminant la brume matinale et reflétant sur les ruisseaux. Les dernières lucioles, épuisées de leurs joyeuses farandoles nocturnes s'en retournaient dormir : La journée allait pouvoir commencer dans la foret enchantée du pays des Syls... Au milieu des bois, une cité de cristal s'éveillait à la vie, resplendissant de milles éclats colorés. Cette cité, à peine large de quelques dizaines d'enjambées de large, bien peu la connaissent : il s'agit de Synal, la cité des fées. Une ville entière taillée dans des cristaux d'une pureté inégalée par les plus grands artisans du peuple féerique.

Aujourd'hui ne serait pas une journée comme les autres! Tous les animaux des alentours et tous les habitants de Synal, la cité de cristal attendaient la venue de Sonia, la belle ranger qui rendait parfois visite aux petites fées que l'on connaît sous le nom de Syls.

Sa présence ne se fit pas trop attendre et bientôt, sa douce chanson se fit entendre alors qu'elle approchait. Guidée par un petit groupe de petits oiseaux aux vives couleurs bleues et rouges, la jeune humaine avançait d'un pas léger, sautant de pierres en pierres le long du ruisseau. Enfin, elle arriva à la barque qui la mènerait dans la cité. En forme de feuille et de la couleur de l'ivoire, l'embarcation était juste assez grande pour elle. D'un bond léger, elle s'installa et se laissa descendre lentement au grès du courant vers la petite cité.

Alors que le paysage défilait, elle eut comme à chaque fois l'impression que le monde et la cité grandissaient devant elle. En fait, c'était elle qui, de par la magie de la barque, doucement rapetissait jusqu'à la taille d'une fée pour pouvoir pénétrer dans la cité.

Alors qu'elle pénétrait dans la cité, les éclats de lumière l'aveuglèrent un instant. Les murs de cristal renvoyant les rayons du soleil avec une infinité de couleurs était un spectacle d'une beauté rare mais il fallait toujours un petit moment pour que les yeux des "grandes personnes" s'y habituent.

A peine fut elle sortie de sa barque qu'une petite fée apparut dans une petite détonation et au milieu d'un nuages d'étincelles multicolores... Les fées possèdent ce don et peuvent ainsi, quand elles n'ont pas envie de voler de leurs petites ailes translucides, se déplacer instantanément d'un endroit à l'autre. C'est ainsi qu'elles peuvent disparaître très vite quand elles sont surprises.

La petite fée salua la belle demoiselle, puis voleta au dessus d'elle en lui saupoudrant une petite poudre de diamant. Presque aussitôt, les pieds de Sonia quittèrent le sol. La poudre des fées, comme le disent les contes permet de voler, mais les contes ne disent jamais qu'il est dur de voler quand on en a pas l'habitude. Sonia du prendre son élan à plusieurs reprises avant de réussir à se hisser dans les airs et ressentir de nouveau cette sensation merveilleuse.

Guidée par la petite fée jusqu'en haut d'une immense tour, elle allait voir Mahan,l'alchimiste de Synal. Elle espérait qu'il l'aiderait, grâce à sa boule de cristal -même si peu de mages le savent, toutes les meilleures boules de cristal sont de fabrication Syl- à voir l'image de son amant, parti défendre la baie contre les dernières attaques d'orks.

Du haut de la baie

Bien loin de Synal, une autre personne regardait au même moment au travers d'un autre globe de cristal... Et il cherchait à trouver la même personne. Morth, le vieux Sage surveillait la progression des armées qui protégeaient sa ville contre les forces ennemies du haut de sa tour. Après avoir fait un peu de place sur son bureau, en posant par terre le vieux crane de dragon qu'il était en train d'étudier et en poussant plus loin une pile de vieux parchemins, il posa la boule cristalline sur un socle de marbre blanc.

Piw, son caméléon approcha lentement, comme il le faisait à chaque fois que le magicien regardait dans cette étrange boule aux nombreuses couleurs... Morth pensait que son caméléon prenait pour un défi personnel de reproduire les couleurs de la boule mais il n'a jamais trouvé d'arguments pour prouver la véracité de cet avis.

Le vieil homme en robe rouge sang brodée de fils d'or et d'argent posa sa main sur le globe et prononça quelques mots. La sphère s'illumina comme par magie... et pour cause!

Il allait plonger son regard dans la boule quand plusieurs coups résonnèrent. D'une voix désinvolte, il marmonna :

"Armure, va ouvrir au seigneur Barouk"

Aussitôt, une armure s'anima d'elle même et se déplaça jusque la porte pour l'ouvrir.

Un homme de haute stature entra dans la salle d'un pas pressé. Sa lourde cotte de mailles, trop abimée par de récentes batailles, grinçait à chaque pas. L'homme qui était dedans semblait avoir été mis à aussi rude épreuve. Le fourreau de sa longue épée heurta maladroitement une pile de livres -qui vraisemblablement n'avait rien à faire au milieu de la pièce et aussitôt, l'armure se remit en mouvement pour ranger, alors que le seigneur approchait du bureau en grommelant au sujet du désordre qui régnait dans la pièce.

"Vous êtes en retard, mon ami. J'allais commencer sans vous!"

Les deux hommes se turent et observèrent la boule d'un air pessimiste. Barouk saisit machinalement une vieille dague de jade qui traînait sur le bureau et commença à la retourner nerveusement dans ses mains.

"Nos troupes fatiguent et Jaicen ne tiendra plus longtemps à ce rythme... Pouvez vous faire quelque chose d'ici grand sage?

- Je pense bien... il me faut... voyons, ou ai je mis ce grimoire, non d'une pipe! Allons, ne restez pas planté là, cherchez donc... Ah... suis je bête, je viens de le ranger par terre... - Vous appelez ça ranger?"

D'un geste, le vieil homme éluda la question. Il ouvrit le grimoire. Une grenouille en sorti en sauta sur le bureau, au grand étonnement du mage. Barouk observa la scène d'un air désabusé.

"Amusant, je ne me souvenais pas d'avoir...

- Pouvez vous vous hâter?

- certes!"

Le vieil homme tourna les pages rapidement, posa ensuite des lunettes sur son nez et se mit à réciter une suite de sons incohérents. De la lumière commença à jaillir de sa main qu'il plaça au dessus de la boule de cristal...

En plein combat

Seul au milieu d'un tas de cadavres, un genou au sol et la main sur le pommeau de son épée, Jaicen semblait prier. Personne n'osait troubler ces quelques instants de répit : plus aucun de ses adversaires n'aurait osé approcher celui qui seul avait taillé en pièces leurs meilleurs combattants... surtout si ce diable de colosse blond aux oreilles pointues était en train d'intenter un sort! Pour eux, il représentait maintenant la mort incarnée et lui seul suffirait à faire tourner la chance en leur défaveur... Il leur restait encore une chance malgré tout!

La vérité était toute autre. Après quatres heures de bataille rangée de nuit et sous une pluie battante, Jaicen était à bout! Couvert de sang et de bout, il n'avait même plus la force de bouger. Son armure de cristal de Synal lui avait sauvé la vie trois fois depuis le début de la nuit mais elle ne l'avait pas empêché d'être blessé à l'épaule et à la cuisse. Les coups de masses de ses adversaires n'avaient pas eu raison de sa vie mais au moins de plusieurs cotes...

Sa tête résonnait comme une cloche d'église et il sentait chaque battement de son cœur. A ce moment là précisément, il luttait pour conserver son équilibre et tenter de reprendre son souffle discrètement car il savait que sa vie dépendait entièrement de l'image qu'il donnait de lui. Tant que les orks le croyaient vaillant, ils n'oseraient plus l'affronter. Aussi, il avait choisi de donner le change en marmonnant comme si il se préparait à une quelconque forme de magie... Pour les autres membres de son équipe, il devait rester en vie... Il leur donnait l'espoir autant qu'il ravageait celui des orks. Le matin arrivant, peut-être que l'ennemi se replierait? Il fallait tenir bon! Barouk et ses hommes avaient lutté toute la soirée jusque tard dans la nuit. Ils avaient repoussé vagues sur vagues mais ils avaient donné tout ce qu'ils pouvaient. Il ne restait maintenant plus que quelques hommes vaillants dans la baie. Les cris de Malimar résonnaient jusque là, exortant ses hommes à combattre jusqu'au bout.

Les secondes passaient plus lentement que jamais. Il sentait son équilibre défaillir. Si il tombait, s'en serait fini de lui, de sa ville, de ses amis. Des images de sa vie lui venaient... il savait ce que cela signifiait. Il refusa! Il était hors de question de mourir dans la boue alors que tant de monde comptait sur lui. D'un ultime effort, il se révéla! D'un revers de la main, il essuya son visage couvert de sang. Des picotements lui rappelèrent une balafre récente, mais peu importait! Il leva enfin les yeux sur la scène, et ce qu'il vit le glaça. Une forme gigantesque s'avançait vers le gros de la bataille, balayant amis et ennemis.

Leur Grand Troll de Guerre! Parmi toutes les espèces de trolls, ils sont les plus solides, les plus forts... Ils ne craignent personne et ignorent la douleur jusqu'à leur mort... et même la lumière du soleil, fatale à leurs congénères ne les atteint pas! Cette fois, la fin approchait! Rassemblant son courage une fois de plus, Jaicen, chancelant s'avança. Il cherchait une solution... mais n'en voyait plus. Les seules failles de cet adversaires étaient le feu et une éclatante lumière du jour. Il faisait tellement sombre et la pluie battait tellement qu'il ne pouvait compter ni sur l'un, ni sur l'autre! Et depuis longtemps il avait utilisé tous ses pouvoirs. Il soupira une dernière fois alors qu'une idée commençait à germer, serra la poignée de son épée magique -qui elle même aurait besoin de temps avant de retrouver sa puissance après de telles luttes- et se mit à hurler pour appeler le Troll... cela laisserait au moins une chance à ses amis!

Le colosse dévia sa trajectoire et de son pas lent avança vers Jaicen. La manœuvre avait réussit... restait à l'assumer! De son épée, Jaicen traça un cercle sur le sol. Il ferma les yeux et se concentra... faire appel à la magie dans son état le conduisait à une mort certaine mais il le fallait. Focalisant ses pensées sur le résultat et non sur les conséquences, il commença à incanter de sa langue elfique natale. Il sentait le pouvoir passer en lui, brulant le corps dans lequel il puisait des réserves. Il le canalisa. Il lui fallait assez d'énergie pour deux sorts, deux simples sorts! Voyant l'elfe se préparer à utiliser de la magie, le troll se mit à courir!

Jaicen attendait le dernier moment... il sentait le sol trembler alors de le Troll avançait en brandissant un tronc d'arbre en guise de massue. C'est alors que l'impossible se produisit... un doux rayon de lumière bleutée vint percer les nuages et entoura Jaicen... A quelques lieux de là, Morth venait enfin de lancer son sort!

Jaicen sentit l'énergie couler en lui, sa fatigue disparaître, ses douleurs s'atténuer. Quelqu'un, quelque part lui venait en aide. Saisissant l'aubaine, il profita de ce regain de force et d'un coup, déchaîna son effet magique! Son armure de cristal se mit à briller tel un phare, aveuglant le troll en pleine course! La lame de son épée se recouvrit de flammes d'une intensité telle qu'elles pouvaient embraser un arbre d'un simple contact. Jaicen se déplaça en un éclair et frappa de toutes ses forces le troll qui ne put voir de ou le coup venait. Son corps de pierre aurait put résister à un boulet de catapulte, mais pas à une lame de flammes. D'un coup, tout son corps s'enflamma. Jaicen fut propulsé au loin par l'explosion.

Partout des cris retentissaient... de joie ou de terreur! Sonné par l'impact, Jaicen reprenait doucement connaissance... Il avait réussit.